Concours réservés : l’Education nationale marche sur la tête

contractuelsUne nécessaire résorption de la précarité

En 2011, un accord entre le gouvernement et certaines organisations syndicales (dont le SGEN-CFDT) a prévu de titulariser les contractuels de la Fonction publique. Le SGEN-CFDT voulait qu’il y ait une validation directe sans concours, mais d’autres organisations s’y sont opposées. Le ministère a choisis pour les contractuels enseignants le concours réservé, en théorie moins exigeant que le concours classique, externe ou interne.

A reculons

Le moins que l’on puisse dire est que le ministère a toujours trainé les pieds pour mettre en place les éléments de cet accord. Les textes d’application sont sortis très tard et le premier concours, en 2012, a été organisé dans l’improvisation. L’aide à la préparation a été le plus souvent organisée à minima. Les jurys ont depuis le début été très exigeants, sans tenir compte du fait que les collègues travaillent à temps complet durant leur concours. Des disciplines un peu à la marge, comme celles à petits effectifs ou « hors cadre » habituel (comme les enseignants de GRETA ou de MLDS) ont dû attendre l’ouverture de leur concours un ou deux ans.

Des taux de « remplissage » qui s’effondrent

Alors que le ministère cherche désespérément des enseignants, alors que le nombre d’inscrits aux concours externes n’atteint parfois même pas le nombre de places disponibles, les jurys du réservé font la fine bouche. L’an dernier, 63% seulement des places disponibles y ont été pourvues ! 1070 postes n’avaient pas été pourvus toutes disciplines confondues.

Et cette année, c’est encore pire. En anglais par exemple, 46 lauréats ont été reçus pour 185 postes ouverts ! Certes, le nombre de candidats baisse mécaniquement, car certains ont été reçus les années précédentes, mais il y avait tout de même 127 admissibles.

On a donc des contractuels qui sont mis devant les élèves par l’Education nationale depuis au moins 4 ans (c’est le minimum pour le concours réservé), souvent beaucoup plus, et qui sont massivement considérés par des jurys comme incapables d’enseigner !

Donc soit les jurys du concours ont des exigences démesurées, soit il faut remonter les bretelles des recteurs qui embauchent des contractuels manifestement incompétents. Nous avons tendance à penser que la première proposition est la meilleure !