Confinement, “télétravail” : prendre le temps de la pause

Une première semaine se termine. Elle a été intense pour tous. Il a fallu concevoir très rapidement des cours à distance pour les élèves. Pour s’apercevoir lundi qu’une grande partie de nos outils (plate-forme ENT en particulier) ne suivait pas. La priorité a alors été de trouver des moyens de créer un lien avec les élèves et leurs parents, souvent le mail. Pour finalement se rendre compte que les élèves (et leurs parents) ont du mal à s’organiser, sont submergés, et qu’une journée de travail scolaire à la maison correspond au mieux à une demi-journée de travail en établissement.

Chacun constate aujourd’hui qu’il est épuisé. L’intensité du travail de cette semaine a été doublé pour beaucoup par la nécessité de s’occuper des enfants à la maison et de trouver des solutions pour s’adapter aux nouvelles règles de confinement. Et il faut encore ajouter le climat lourd qui pèse sur le moral, l’incertitude du lendemain. Pour certains même, il a fallu convaincre une hiérarchie tatillonne qu’il fallait un peu de souplesse dans l’organisation. Heureusement, ces situations ont été peu nombreuses, et le SGEN, comme d’autres syndicats, a pu les régler rapidement.

Chacun a pu constater l’énorme investissement des personnels cette semaine, à tous les niveaux, des enseignants aux personnels administratifs en passant par les personnels de direction. C’est la preuve que quand on responsabilise les personnels, ils fournissent une énergie considérable. Le seul qui ne l’a pas saisi (mais est-ce si surprenant de la part d’un ministre définitivement coupé de la réalité de ses personnels ?) semble être Jean-Michel Blanquer, qui envisage de considérer cette période comme des vacances à récupérer plus tard !

Il va cependant maintenant falloir lever le pied.

Il est nécessaire maintenant de stabiliser ce nouveau (et transitoire) mode de fonctionnement, d’arrêter le sprint et de prendre conscience que nous sommes dans un marathon. L'essentiel est de maintenir les élèves dans une dynamique scolaire, en lien avec les enseignants. Il faut accepter d’être modeste dans ce qui est demandé pour que, enseignants comme élèves te parents, nous passions cette période sans trop nous épuiser à la tâche. Et aussi que le fossé ne se soit pas creusé encore plus entre les élèves dont les familles ont pu faire l’école à la maison” et les autres.

 

Il faut bien être conscient que si l’on utilise le terme “télétravail”, ce n’est techniquement pas ce que nous faisons actuellement. Le télétravail, c’est un statut bien défini, très cadré. Cela parce qu’il n’est pas exempt de dangers :

- le risque d’isolement, qui fait que le télétravail ne peut être que de quelques jours par semaine, un ou deux de préférence, pour rester physiquement en contact avec les collègues le reste du temps ;

- le risque de se surinvestir, car si l’on est à la maison, on veut prouver que pour autant on n’est pas en train de se tourner les pouces ; on a tendance à ne plus se donner d’horaires de travail bien définis.

- le risque de ne pas avoir le matériel adapté, que ce soit informatiquement (avoir chacun un ordinateur personnel, un micro, une caméra, une liaison internet suffisante …) comme matériellement (avoir un écran qui ne fatigue pas les yeux, un fauteuil de bureau qui préserve le dos, un espace calme pour se concentrer …).

Cette possibilité de télétravail n’existe d’ailleurs dans notre académie que depuis l’année dernière, avec un champs très limité (les agents qui travaillent au rectorat ou dans les DSDEN).

 

Voici donc quelques recommandations de base. Pensez à:

- la rigueur dans la gestion du début et de la fin du télétravail, des heures de pause et de repas ;

- bouger, marcher pour éviter les problèmes de santé (immobilité, posture assise, écran...) ;

- rythmer son temps, prévoir sur la journée les activités avec un horaire prévisionnel ;

- ne pas hésiter à partager avec ses collègues habituels. Les outils sont multiples (mails, Pronote, whatsapp …) ;

- éviter la culpabilisation qui pousse à auto-augmenter son temps et sa charge de travail.

 

N’hésitez pas à consulter les articles du SGEN-CFDT sur la situation actuelle, régulièrement mis à jour.