Congé formation des enseignants, COP et CPE : gestion ou absence de gestion ?

conge formationEn quelques années, les élus du SGEN-CFDT ont pu assister à une dégradation des marges qui étaient disponibles pour l’attribution des ces congés dans l’académie. Nous constatons que le système est à la fois injuste et qu’il nie l’individu au profit d’une application aveugle de règles.

Le système est injuste

Pour des raisons obscures, le rectorat de Caen est arc-bouté sur une répartition des quelques possibilités de congé-formation au prorata de l’importance des corps. Le nombre de mois disponibles est ainsi calculé en fonction du nombre de collègues par corps dans l’académie(certifiés, agrégés, PLP, professeurs d’EPS, CPE et COP).

On pourrait penser que ce système protège les “petits” corps face à la grosse masse des certifiés, largement majoritaires. Sauf que c’est l’inverse. On peut habituellement obtenir un congé formation pour préparer l’agrégation au bout de une, deux demandes quand on est PLP ou prof d’EPS, alors qu’il faut la plupart du temps 5 à 7 demandes pour les certifiés.

Les syndicats corporatistes (SNEP-FSU pour les profs d’EPS, CGT et SNETAA-FO pour les PLP) y trouvent leur compte, mais pas le SGEN-CFDT qui lui est un syndicat général.

Autre injustice, c’est la répartition par discipline chez les certifiés. Pour des raisons de remplacement, le rectorat ne veut pas que trop de collègues d’une discipline soient absents une même année. Cela aboutit à ce qu’en anglais ou en lettres, il faut faire sept demandes pour obtenir un congé, alors que d’autres disciplines cinq peuvent suffire. Si au moins on peut saisir une raison, nous ne pouvons que constater que certains personnels sont “moins égaux que d’autres”.

Le système est aveugle

Cela fait de nombreuses années que devant la pénurie de congés, le rectorat et les organisations syndicales ont établi quelques règles. Les deux écueils étaient de ne tenir compte que de l’ancienneté de la demande (nombre d’années) et inversement de ne tenir compte que certaines priorités (nécessité de changer d’orientation professionnelle, enseignement en éducation prioritaire, achèvement prochain d’une thèse …). Sachant que les règles ne peuvent prévoir.

Pendant plusieurs années, ces règles ont été appliquées avec discernement, c’est-à-dire qu’elles n’étaient pas absolues : certains dossiers pouvaient être défendus en groupe de travail et obtenaient une priorité si un consensus se dégageait.

Ce n’est plus le cas maintenant. La règle de l’ancienneté de la demande est générale, et les quelques exceptions, prévues pourtant (nécessité de changer d’orientation professionnelle, enseignement en éducation prioritaire), sont elles-même devenues difficiles à faire prévaloir.

Pourquoi ? Est-ce dû à la peur de recours juridiques ? A un choix de ne pas gérer l’individualité faute de moyens ? A une pression syndicale (certains syndicats ne jurent que par des règles uniformes et des menaces de recours) ? Il est difficile de répondre, mais force est de constater que le SGEN-CFDT se retrouve bien seul à essayer de défendre une gestion humaine des congés formation.

Le seul conseil que nous pouvons maintenant donner aux collègues certifiés est : dès votre titularisation, demandez des congés formation pour pouvoir disposer le moment voulu de 5 demandes qui sont le minimum nécessaire.

Une bonne nouvelle cependant

La règle qui voulait que ceux qui demandaient un congé formation s’engageaient à ne pas demander une mutation intra semble être abandonnée. Certes ceux qui auront obtenu un congé ne pourront pas demander une mutation intra, mais les autres pourront faire ce qu’ils veulent. C’est en tous cas l’explication orale qui nous a été donnée au dernier groupe de travail en mars 2015.