GRÈVE DU 26 JANVIER : POUR S’Y RETROUVER…

26 janvierPlusieurs appels à la grève sont lancés pour le 26 janvier.

1er appel de CGT, FO et Solidaires

CGT, FO et Solidaires appellent à la grève dans la fonction publique sur les salaires, le statut, le service public… après avoir refusé de signer l'accord PPCR* de 5 milliards qui prévoit des mesures d’amélioration de déroulement de carrière et de rémunération.

Elles appellent aussi pour faire pression sur les négociations salariales qui vont s'ouvrir fin février..., négociations obtenues dans le cadre de l'accord PPCR qu'elles sont les seules à ne pas avoir signé...

La CFDT Fonctions Publiques (UFFA-CFDT) n’a pas été invitée à participer à ce mouvement, l’Unsa non plus. La FSU ne s’est pas jointe à cet appel.

Pourquoi ?

Fin septembre 2015 : Après 18 mois de négociations, la FSU, l’Unsa, la CFTC, la CFDT, la CGC et la FA-FP signent avec le Ministère des fonctions publiques l’accord sur les Parcours professionnels, les carrières et les rémunérations (PPCR).

Les 3 syndicats appelant à la grève n'ont pas signé cet accord.
Pour eux, la grève est l'outil qui va permettre aux fonctionnaires d'obtenir plus que les avancées négociées dans l'accord PPCR... On peut raisonnablement en douter en la période...

Rappel de l'accord PPCR :

         C’est un accord qui pèse lourd financièrement : selon la Cour des Comptes, il mobilisera plus de deux milliards d’euros dès sa première année de mise en œuvre pour atteindre les cinq milliards en 2020. D’où les sévères critiques de cette institution..!

         C’est un accord sur les mobilités choisies, l’attractivité, les recrutements plus transparents et moins discriminants, des propositions en matière de déroulement de carrière et de rémunérations notamment pour les débuts et les fins de carrière.

         Après des années de gel de la valeur du point d’indice et une décennie sans le moindre accord d’envergure sur les carrières, les propositions âprement négociées pendant plus d’un an permettent d’apporter bien davantage aux agents que la seule augmentation de la valeur du point d’indice. Ces mesures profiteront aux agents de toutes les catégories C, B et A.

        A la demande de la CFDT, l’accord précise que tous les textes règlementaires indispensables à l'application des mesures de revalorisation seront mis en œuvre dès fin 2016 - début 2017 afin de sécuriser toutes les revalorisations indiciaires (en clair avant l’arrivée au pouvoir d’une éventuelle nouvelle majorité...).

3 exemples d’acquis de l’accord (analyse de l’accord complet) :

  Transformation progressive des primes en points d’indice pour les catégories B (janvier 2016) puis C et A (janvier 2017) : donc hausse mécanique de la pension pour les futurs retraités. Un plus : l’augmentation du nombre de points d’indice bénéficiera aussi à ceux qui n’ont pas de prime.

  La mise en œuvre du principe selon lequel chaque agent devra pouvoir dérouler sa carrière sur au moins deux grades, exemples : tout PE devra par exemple pouvoir accéder à la hors-classe ou tout SAENES de classe normale à la classe supérieure…

  La mise en œuvre de l’avancement d’échelon au même rythme pour tous les agents d’un même corps ou cadre d’emplois soumis aux règles de droit commun du statut général. C’est une revendication historique de la CFDT.

De plus, les signataires de l'accord PPCR ont obtenu, enfin, (dernière phrase de l'accord p. 15) l'ouverture de négociations sur le point d'indice en février 2016.

Voilà pour ce qui a été acquis par la négociation et la signature des syndicats FSU, Unsa, CFTC, CFDT, CGC et FA-FP.

Des syndicats de la FSU (mais pas la FSU) appellent aussi à la grève le même jour mais en ajoutant leur mot d'ordre catégoriel :

2ème appel : SNUipp

· Le SNUipp-Fsu appelle en ajoutant un mot d'ordre sur l'ISAE.

Rappel sur l'ISAE. Si les PE avaient du attendre la signature du SNuipp pour obtenir l'ISAE, ils seraient ce jour sans rien. Cette indemnité a été actée par le protocole signé le 30 mai par le Sgen-CFDT et le SE-Unsa avec le Ministère. Il s’agissait avant tout de faire acter par Bercy la création d’une nouvelle indemnité dans l’Education Nationale dans un contexte budgétaire difficile. C’est acté par la prise de responsabilité de deux syndicats. Maintenant notre objectif est bien la parité avec l’ISOE du second degré. Pour cela, nous croyons plus aux actions spécifiques (alerte sociale du Sgen-CFDT sur le sujet…) qu’à une journée de grève CGT / FO / Solidaires durant laquelle le sujet n’apparaîtra pas du tout dans les médias.

Suite à l'alerte sociale du Sgen-CFDT sur l'ISAE nous avons obtenu l’affirmation du ministère que la convergence des deux indemnités (ISAE et ISOE) sera menée à son terme et l'ouverture de discussions sur ce sujet.

et 3ème appel : Snes, Snalc....

· Le Snes-FSU appelle pour l'abrogation de la réforme des collèges avec une autre intersyndicale (Snalc...).

Position du Sgen-CFDT

Le Sgen-CFDT n'appelle pas à la grève.

Pour être efficace une grève doit être ciblée sur un point et obtenir le soutien d'une majorité de syndicats. Le 26 janvier, il y aura plusieurs mots d'ordre et impossibilité d'unité syndicale. Le soir, quelle analyse pourra-t-on faire de cette grève, qu’elle soit suivie ou pas ?

Dans un souci d'efficacité pour les personnels, nous avons préféré acter les avancées importantes obtenues par la négociation PPCR :

  • L’assurance pour tout personnel d’accéder à un grade supérieur.
  • Un rythme d'avancement d'échelon identique pour tous (fin des promotions Grand choix, choix...)
  • Une revalorisation de la grille indiciaire (du 1er janvier 2016 au 1er janvier 2020).

Pour ce qui est de la négociation sur la revalorisation du point d'indice et de l'ISAE, nous préférons réagir en temps voulu sur les propositions concrètes qui seront mises sur la table des négociations fin février plutôt que de lancer une grève un mois avant l'ouverture des négociations.

Pour ce qui est de la réforme des collèges, le Sgen-CFDT n'appelle pas à la grève. Faire "grève commune" avec le Snalc qui combat l'idée même du collège unique serait renier toutes nos convictions syndicales et pédagogiques. Non, cette réforme ne résoudra pas tous les maux, non il ne s'agit pas de notre réforme. Mais il faut changer le collège en reconnaissant la place des innovations pédagogiques et de l’interdisciplinarité. Les collègues ont le droit d’avoir des inquiétudes, le cadre de la réforme doit encore évoluer mais non, cette réforme ne provoquera pas la mort du collège. Nous préférons revendiquer, proposer et travailler pour un vrai changement en exigeant les moyens en temps et en accompagnement des équipes. Le vote favorable du Sgen-CFDT en CSE légitime nos exigences en matière de suivi et de moyens pour la mise en œuvre.

* Parcours Professionnels Carrières Rémunérations