La fusion des rectorats mise au placard

 

NormandieUn dossier complexe

Si les régions Haute et Basse Normandie fusionnent au 1er janvier 2016, si la quasi-totalité des administrations régionales et d’Etat suivent le même chemin, la fusion des rectorats de Caen et de Rouen n’était pas à l’ordre du jour en janvier dernier. Puis à partir d’avril, elle est devenue urgente, les services rectoraux devant, sous la houlette du recteur coordinateur de Caen, établir un diagnostic commun, envoyé au gouvernement au mois de juin. Malgré l’affichage d’une « concertation » avec les organisations syndicales, celle-ci n’a été que de pure façade et fut commencée après l’envoi du diagnostic. Les choses semblaient jouées en juin, malgré les protestations d’une intersyndicale FSU, SUD et SGEN-CFDT

 

Une décision inattendue

Au cœur de l’été, le 31 juillet, le Conseil des ministres a annoncé finalement qu’aucune fusion d’académie n’aurait lieu ! Juste des « coopérations renforcées » permettant à l’Education nationale d’avoir un seul interlocuteur face aux nouveaux présidents de région. Cette décision semble refléter un arbitrage présidentiel entre la ministre de l’Education nationale, qui était opposée aux fusions, et le Premier ministre, qui lui voulait aligner rectorats et nouvelles régions.

                                                                             

Et maintenant ?

Les dossiers qui nécessitent un dialogue avec la région (carte des formations, service public d’orientation, apprentissage, programmes européens, construction, maintenance et fonctionnement des lycées par exemple) feront l’objet d’une concertation entre recteurs puis d’une discussion entre la région Normandie et le recteur de Caen qui parlera pour celui de Rouen. Il y aura immanquablement une harmonisation des dossiers, ce qui amène quelques inquiétudes, notamment sur les CIO.

A terme, la possibilité d’une fusion n’est plus envisagée, mais il est évident qu’elle restera une tentation dans les années à venir. Elle n’est pas illogique ni illégitime, mais elle devra prendre en compte, contrairement à la façon dont les choses se sont passées cette année, les conséquences pour les personnels au regard des avantages attendus.