Ne pas faire disparaître la formation à distance dans les limbes d’internet

foadLettre envoyée au recteur de Caen le 5 décembre 2016

Monsieur le Recteur,

Après les formations mises en place l'année dernière pour préparer la réforme du collège, l'année scolaire 2016-2017 verra se dérouler celles consacrées aux usages pédagogiques du numérique, en lien avec la mise en œuvre des programmes.

Dans l'académie, trois journées par enseignant y seront consacrées d'après les projets actuels :

  • une journée disciplinaire ;

  • une journée pluridisciplinaire sur site ;

  • une journée pluridisciplinaire en formation à distance (FOAD).

Nous réitérons ici la demande faite lors de notre audience du 3 octobre dernier. Le SGEN vous avait alerté sur les risques de la formation à distance. Si le principe est intéressant, il serait dangereux de céder à la tentation de renvoyer les personnels à leur temps libre pour faire la FOAD. Cela ne sera pas accepté par les collègues, alors que cette formation en “présentiel” se faisait jusque-là sur le temps de service.

De fait, cette formation risque fort de devenir plus que virtuelle car une forte proportion de collègues la reporteront continuellement, voire refuseront de la faire. Il faut un temps identifié en établissement pour cette formation à distance, sur le temps de travail. Certes cela induira des absences, comme dans le système actuel, mais c’est la condition nécessaire pour que la formation continue, nécessaire à tous et en premier lieu bénéfique aux élèves, ne disparaisse pas dans les limbes d’internet.

Une formation sur un temps de travail identifié permettra non seulement d'en assurer la réalité, mais aussi de favoriser une appropriation réellement collective de ces nouveaux usages pédagogiques.

Les formateurs académiques sont pour l'instant dans l'expectative et une décision doit être prise. Le SGEN-CFDT demande que le moment de la formation à distance soit identifié sur le temps de service, avec un jour et un horaire prévu, dans l'établissement.

Cette organisation permettra de répondre à la commande ministérielle, telle qu'exprimée par le ministère dans la circulaire 2015-106 du 30 juin 2015 (paragraphe 8.2) : « Ces formations se dérouleront à la fois dans les collèges et dans le bassin, selon les modalités d'organisation qui paraîtront les plus favorables à un travail collectif et à une appropriation des principes et des objectifs de la réforme, et à l'élaboration de réponses collectives aux problématiques d'enseignement auxquelles les équipes sont confrontées. »

En l'attente d'une réponse rapide, nous vous prions de croire, monsieur le Recteur, en notre attachement à un service public d'éducation modernisé dans le respect des personnels.

Le secrétaire général :

Olivier Buon