Pourquoi le SGEN-CFDT de Basse-Normandie n’appelle pas à la grève du 24 septembre ?

La question nous est parfois actuellement posée. En effet, à l’appel de la CGT, de Sud et de la FSU (SNES, Snuipp, Snasub …), une grève avec manifestation est prévue le 24 dans toute la France.

Le sujet principal en est la contestation de la future réforme des retraites, même si, comme souvent, ça et là, d’autres sujets brûlants sont mis à contribution pour mobiliser plus largement (situation dans les hôpitaux, ADP, réforme des lycées …).

A noter que FO appelle aussi à un mouvement, mais bien à part, le 21 septembre.

 

Pourquoi donc le SGEN Basse-Normandie ne suit pas ?

Nous n’avons pas les mêmes revendications

Il y a d’abord désaccord sur le fond avec les organisations ci-dessus. Celles-ci s’opposent par principe au basculement d’un système par annuités (le système actuel : on acquiert des droits à partir de trimestres travaillés) à un système par points (on gagne des droits en fonction des cotisations). Or depuis longtemps, la CFDT en congrès revendique un système par points, qui lui semble plus juste dans son principe. Cela ressort d’une analyse poussée dont on a un résumé sur ce lien (fiches 2 et 2bis). Il est donc difficile de s’associer avec des organisations qui font du refus du système par points leur principale revendication.

La possibilité de négocier est encore ouverte : pourquoi faire grève ?

Le rapport Delevoye et les premières propositions du gouvernements ne nous satisfont pas totalement. Il y a pas mal de choses qu’il faudrait changer ou améliorer. En particulier, dans l’Education nationale, l’application tel quel de ce projet réduirait gravement les pensions de retraites  pour les enseignants (et d’autres corps). Cependant la discussion est visiblement ouverte. La CFDT a déjà obtenu des avancées,comme la suppression de l’âge pivot. Sur l’Education nationale, le président de la République, comme le Premier ministre, ne nient pas le problème et l’ont publiquement évoqué. Tout reste à négocier, mais la voie d’une augmentation à terme des rémunérations est clairement sur la table. Comment refuser d’entrer dans un processus qui aboutirait à un maintien des pensions et à une augmentation tant réclamée sur la feuille de salaire ?

Certes cela prendra du temps et on n’est jamais sûr du résultat tant que la négociation n’est pas terminée. Certes la mise en place d’un résultat positif ne se fera que progressivement et on peut toujours imaginer qu’il sera remis en cause. Cependant, c’est ce type de négociation qui a permis toutes les avancées du PPCR et la mise en place des promesses s’est faite, y-compris quand le pouvoir en place a changé, même si ce fut au prix d’un décalage d’un an pour certaines mesures.

Refuser tout de go toute évolution au nom d’un risque potentiel condamne à geler la situation, avec ses avantages, mais aussi toutes ses inégalités.

Inutile d’y associer d’autres revendications : cela sera inaudible.

La tentation existe de faire grève le 24 septembre pour montrer son mécontentement, sur des sujets qui n’ont rien à voir avec les retraites : loi fonction publique, mépris du ministre, réforme de la formation des enseignants, PIAL, suppression des CIO, réforme des lycées … Si ces sujets de mécontentement sont légitimes, ils ne seront pas audibles dans un mouvement social qui sera répercuté comme étant celui des retraites. Comment le gouvernement pourrait-il différencier ceux qui font grève principalement pour les retraites et ceux qui se mobilisent sur un autre sujet ? La CFDT a toujours prôné des grèves ou manifestations avec un message clair.

 

Bien évidemment, en fonction de l’évolution du projet, le Sgen-CFDT de Basse-Normandie ne s’interdit pas d’appeler à la grève, mais pour l’instant nous privilégions la négociation.

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