Quand le mouvement devient de l’agitation, tout le monde perd ses repères. Il est temps de faire un point.

Depuis le début du confinement, les personnels de direction ont cherché à organiser au mieux la continuité pédagogique et plus généralement le suivi des élèves. Personnels habitués à la prise de décision, à l’initiative dans le cadre fixé par l’institution, ils ont été malmenés. Les décisions contradictoires, les injonctions sans lendemain ont été notre lot quasi quotidien.

Les manquements des collectivités territoriales n’ont pas été la moindre des difficultés. Sans doute la communication ministérielle à sens unique par le biais des médias est frustrante autant pour les personnels de directions et adjoints gestionnaires que pour les présidents de collectivités.

Mais cette cacophonie a entrainé des difficultés importantes dans la reprise des élèves le 11 mai. Elle est encore pire pour ce 22 juin. Ce qui limite le nombre d’élèves accueillis n’est pas la volonté des professionnels de l’Education. C’est un peu la distanciation nécessaire entre élèves. Mais c’est surtout la capacité de désinfection des salles, de la restauration scolaire et de l’internat par la collectivité de rattachement. La bonne volonté des agents n’est pas en cause, celle des collectivités elles-mêmes est plus patente. Il faut ajouter les problèmes de transports dont la capacité est réduite des deux tiers.

Non seulement l’autorité académique n’a pas anticipé ces problèmes, mais elle fait pression pour cette reprise en feignant qu’ils n’existent pas.

Comment ne pas comprendre le profond malaise qui touche les adjoints (dont les gestionnaires) et chefs d’établissement quand ils reçoivent pour réponse à leur difficulté … un plan qui ressemble à un jeu pour enfant : les 100 façons de placer les chaises pour que tous les élèves entrent en gardant un mètre de distance latérale. Quelques réponses de notre institution : en ôtant les tables, en mettant les enfants dos à dos ou en organisant - je n’ose utiliser le mot cours - la garderie (?) dehors. Belle idée en Normandie. Une semaine au grand air.

Nous aurions préféré un dialogue sérieux avec les collectivités, une organisation des transports. Pour le reste on sait faire.

Pendant cette période épuisante pour beaucoup, il a fallu repenser de façon hebdomadaire les emplois du temps, à gérer les absences des personnels à risques, des personnels qui gardent leurs enfants etc.

Et maintenant arrivent les vacances apprenantes … Sans savoir si notre collectivité accompagnera les établissements : qui accueille, ouvre et ferme ? Qui nettoie les salles ? Sans savoir ce qui sera demandé en septembre. Quelle déclaration sera prononcée sur telle chaine de télé pour nous mobiliser pour une nouvelle chimère.

Nous demandons juste de recevoir des instructions en cohérence avec les moyens dont nous disposons.

Vincent Piquot

Responsable Personnels de direction au SGEN-CFDT