Quel avenir pour l’apprentissage public dans l’académie ? Lettre au recteur

Monsieur le Recteur,

Le Sgen-CFDT suit avec attention, depuis plusieurs mois, les évolutions qui concernent l’apprentissage. La loi du 5 septembre sur la « liberté de choisir son avenir professionnelle » introduit des modifications substantielles concernant le financement (qui passe d’une subvention au financement au contrat). Ces modifications peuvent avoir des conséquences sur l’existence des filières par apprentissage dans les Lycées Professionnels Normands. Le devenir des sections à faible effectif d’apprentis ou des sections « partagées » entre voie scolaire et apprentissage (où les enseignants peuvent avoir un service partagé financé parfois à 50% par l’apprentissage) nous inquiète tout particulièrement !

Le Sgen-CFDT s’étonne que le Rectorat tarde à mettre en œuvre la concertation nécessaire entre tous les acteurs sur le sujet et dans sa communication à l’interne comme à l’externe. Nous nous attendions à une annonce forte de votre part lors des Normandi’E days et il n’en n’a rien été, ce qui est dommage au regard de l’ensembles des personnes présentes (Chef d’établissements, corps d’Inspection, partenaires institutionnels et économiques).

Votre silence assourdissant sur la question n’empêche pas les rumeurs, de fermeture ou de Gel des sections actuelles, de circuler, causant l’inquiétude des collègues des établissements qu’ils soient dépendant du GIP de Normandie ou bien des sections qui dépendent du CFA académique de Caen.

Nous n’avons pas non plus d’informations sur votre volonté d’épauler les sections d’apprentissage et les jeunes en recherche de contrats, en mettant en place des missions de développeurs en directions des entreprises, comme le font d’autres académies et la concurrence sur nos territoires !

Nous avons appris que les Greta, avec votre accord, pouvaient désormais être reconnus comme UFA et conclure des contrats d’apprentissage. Comment s’organisera le nécessaire travail en commun sur le partenariat entreprise, la carte de l’apprentissage et la complémentarité des sections, la communication et les moyens dédiés à la recherche de contrats ?

Nous nous interrogeons sur la continuité de réponse pour les jeunes lycéens de nos territoires et les entreprises qui les forment et souvent les embauchent ou contribuent à leur insertion professionnelle.

Cependant, notre préoccupation première porte bien sur le devenir des personnels travaillant pour l’apprentissage, qui sont totalement étrangers aux évolutions législatives, qu’ils soient titulaires ou contractuels.

Nous souhaitons que les moyens actuels dédiés à l’apprentissage en terme de mis à disposition de personnels, de plateaux techniques ou de locaux puissent être pérennisés, dans le cadre de la nouvelle organisation retenue

Dans ces circonstances, nous vous demandons de bien vouloir nous préciser les éléments suivants :

• Quelle organisation durable sera retenue pour sécuriser et développer l’apprentissage au sein des Lycées ?

• Est-il prévu le non-renouvellement de certains postes ?

• Si oui, quelles mesures de reclassement, de reconversion, d'accompagnement envisagez-vous de mobiliser ?

• Qu’est-il envisagé pour les personnels sur postes gagés, heures gagées ? Quelles modalités de transfert sur une nouvelle structure ? Si non, quel redéploiement est prévu pour une stabilité ou continuité du service de ces personnels ?

• Quel sont les modalités de reprise des activités par la nouvelle organisation ?

Dans l'attente de votre réponse, je vous prie de croire, Monsieur le Recteur à notre dévouement au service public de l'Éducation nationale et à sa mission de formation par l’apprentissage.

 

Olivier Buon

Secrétaire général du SGEN-CFDT de Basse-Normandie