Socle commun: un projet encore insatisfaisant


Socle suite


Le projet de socle commun de connaissances, de compétences et de culture proposé par le Conseil supérieur des programmes (CSP) organise les connaissances et les compétences dans cinq domaines (plutôt que dans sept « piliers »): les langages pour penser et communiquer, les méthodes et les outils pour apprendre, la formation de la personne et du citoyen, l’observation et la compréhension du monde, et les représentations du monde et l’activité humaine.

 

Moins nombreux que les piliers, ces cinq domaines sont de fait plus transversaux, et intègrent la compétence-clé « apprendre à apprendre ».

 

Par contre, au sein de chacun de ces grands domaines, les connaissances sont souvent listées avec trop d’exhaustivité et les compétences sont formulées de manière peu opérationnelle. Un certain nombre d’exigences ne sont d’ailleurs pas formulées en termes de compétences. Ce nouveau socle a donc encore du mal à cibler les apprentissages « incontournables » que l’École doit pourtant garantir à tous les élèves à l’issue de la scolarité obligatoire, et il continue à définir l’idéal d’une « culture commune » difficilement atteignable.

Pourtant, la charte des programmes rédigée par le CSP au printemps 2014 présente le socle comme le programme « général » affichant les finalités du parcours de l’école obligatoire en termes d’acquis des élèves. À définir un socle avec un trop grand nombre d’items, le CSP prend le risque de ne pas permettre la rédaction de programmes disciplinaires synthétiques et opérationnels.

 

Enfin, force est de constater que l’exigence qui figurait dans la charte des programmes de produire un texte unique lisible par tous est loin d’être respectée.

 

La parole va être donnée aux personnels sur le projet de socle.

 

Il faut espérer que la consultation des acteurs de terrain permettra ensuite de revenir vers le Conseil supérieur des programmes (CSP) afin qu’il propose une réécriture du socle commun avant sa présentation au Conseil supérieur de l’éducation en décembre, et sa déclinaison dans les différents programmes. Il y a une contrainte importante de temps, si le ministère veut respecter les délais de publication des programmes et de formation des enseignants avant leur application en 2016.

 

Consultation sur les programmes du cycle 1: une occasion de réaffirmer l'importance de l'école maternelle.

 

Le  Conseil  supérieur  des  programmes  a  rendu  public  son  projet  de  programme  pour  l’école  maternelle le 3 juillet 2014. Le ministère a prévu une consultation sur ce texte afin d’associer les personnels à la réflexion collective et de recueillir leurs avis et suggestions à partir d'un questionnaire.

 

La consultation nationale se déroulera le mercredi 1er octobre dans l'académie de Caen. A la suite de cette consultation, le ministère pourra modifier le projet initial qui sera alors soumis pour avis au CSE au mois de décembre 2014 pour une publication au mois de janvier 2015 et une entrée en vigueur des programmes officiels à la rentrée 2015. Pour le Sgen-CFDT, leur mise en œuvre nécessitera un accompagnement des équipes et une formation au plus près des réalités des lieux d'exercice.

 

Le Sgen-CFDT réaffirme que l'école maternelle est une école à part entière avec sa spécificité dont il faut tenir compte et qu'elle est une étape indispensable vers l'acquisition du socle commun.

 

Dans le projet du CSP, les finalités de l’école maternelle sont clairement affirmées: vivre ensemble en accueillant tous les enfants, scolariser dans une école adaptée aux jeunes enfants, lutter contre les inégalités pour la réussite de tous…

 

Le Sgen-CFDT se félicite que le texte pointe l'importance des transitions: transition avec les familles, transition avec les structures de la petite enfance, transition avec le périscolaire, transition enfin vers l'école élémentaire.

 

Contrairement aux programmes de 2008, le projet privilégie clairement une approche par domaines d'enseignement en fixant, pour chacun, des objectifs de fin du cycle: il redonne au langage oral, au jeu et aux manipulations, aux activités physiques, culturelles et artistiques une place essentielle dans les apprentissages.

 

Ces programmes peuvent encore être améliorés.

C'est pourquoi le Sgen-CFDT invite les équipes à se saisir de la consultation pour améliorer le projet afin de favoriser une école maternelle bienveillante qui valorise les progrès des enfants en donnant du temps pour apprendre sans stigmatiser les échecs.