Rentrée et Covid : les indispensables de la rentrée

Comme malheureusement nous pouvions le prévoir, les informations pour organiser la rentrée ont été publiée tard, voire au tout dernier, moment, voire, pas encore !

Protocole sanitaire

Un nouveau protocole a été publié le 26 août (et non pas le 19 août, comme indiqué dans le document). Il est disponible ici. Il modifie à la marge une mouture précédente datant de mi-juillet. Cette dernière allégeait largement les prescriptions antérieures.

Le ministère essaye de donner une certaine stabilité dans le temps aux mesures et c’est pour cela qu’il a publié dès juillet le protocole et que les modifications restent mineures. Cela nous a été confirmé par la rectrice lors du CT académique du vendredi 28 août. Evidemment, le contraste est frappant avec les déclarations du ministre lui-même dans les médias qui changent presque tous les jours sur ce sujet.

L’inquiétude est cependant réelle sur le décalage entre les réalités de terrain et certaines prescriptions.

Si l’on prend dans le détail

Distanciation physique

Dans les espaces clos (salles de classe, ateliers, bibliothèques, réfectoires, cantines, internats, etc.), la distanciation physique n’est plus obligatoire lorsqu’elle n’est pas matériellement possible ou qu’elle ne permet pas d’accueillir la totalité des élèves. Néanmoins, les espaces sont organisés de manière à maintenir la plus grande distance possible entre les élèves. Dans les espaces extérieurs, la distanciation physique ne s’applique pas.

Il ne faut pas penser que la distanciation n’est plus un paramètre à prendre en compte. Si on peut avoir un mètre entre chaque élève, il faut le faire. Ainsi, il faudra parfois sacrifier la classe “en U” pour une classe “en autobus” ou en îlots, qui permettent de respecter cet espacement.

Port du masque

Pour les collégiens et les lycéens, le port du masque « grand public » est obligatoire dans les espaces clos ainsi que dans les espaces extérieurs. Une note précise que le port du masque n’est pas obligatoire lorsqu’il est incompatible avec l’activité (prise de repas, nuit en internat, pratiques sportives, etc.). Dans ces situations, une attention particulière est apportée à la limitation du brassage et/ou au respect de la distanciation.

Les choses sont claires pour la majorité des situations d’enseignement : le masque quelle que soit la situation. Les questionnements se posent ici essentiellement pour l’EPS. Des précisions sont censées être rapidement apportées par les inspecteurs concernés. On est à un week-end de la rentrée, et les collègues auront quelques heures avant la rentrée. On aurait pu espérer que les choses soient anticipées bien à l’avance !

Après débat, les familles doivent fournir le masque. Un réel problème sanitaire risque de se poser. Les masques lavables donnés aux familles en mai et juin arrivent en fin de vie (souvent 20 ou 30 lavages), et l’achat de nouveaux masques va parfois poser des problèmes financiers. Problèmes qui pourront s’accentuer si un phénomène de “marque” se développe pour ces bouts de tissus éminemment visibles par tous. Les masques faits maison ou achetés n’offrent pas tous une efficacité suffisante. Sachant que porter un masque ne permet pas de se protéger, mais bien plutôt de protéger les gens autour de soit, on aurait pu penser que la collectivité prenne en charge cet équipement. Le refus de l’Etat est incohérent et sera peut-être regretté dans quelques mois.

Le port d’un masque « grand public » est obligatoire pour les personnels en présence des élèves et de leurs responsables légaux ainsi que de leurs collègues, tant dans les espaces clos que dans les espaces extérieurs. Le ministère met donc à disposition de ses agents en contact direct avec les élèves au sein des établissements des masques dits « grand public », à raison de deux masques pour chaque jour de présence dans les écoles ou établissements. Il appartient à chaque employeur, et notamment aux collectivités territoriales, de fournir en masques ses personnels en contact direct avec les élèves ainsi que les personnels d’entretien et de restauration.

Comme pour les élèves, une note précise que le port du masque n’est pas obligatoire lorsqu’il est incompatible avec l’activité (prise de repas, nuit en internat, pratiques sportives, etc.). Dans ces situations, une attention particulière est apportée à la limitation du brassage et/ou au respect de la distanciation.

Là encore, le masque est obligatoire tout le temps, à l’intérieur comme à l’extérieur, en présence d’autres personnes (sauf pour manger, etc.). Des masques sont fournis et déjà présents dans les établissements et les CIO, lavables 30 fois normalement. Cependant, il semble que seuls 4 soient distribués par personnels. Il faudra donc les laver tous les jours pour en avoir au moins deux propres. Il est déconseillé de venir avec des masques faits maison ou achetés sans garantie de norme. (voir notre article).

Lavage des mains

Le lavage des mains doit être réalisé, a minima à l’arrivée dans l’établissement, avant chaque repas, après être allé aux toilettes, le soir avant de rentrer chez soi ou dès l’arrivée au domicile. Le lavage des mains aux lavabos peut se réaliser sans mesure de distance physique.

Pas de modification particulière donc. On ne parle cependant plus de désinfection obligatoire avant chaque entrée dans une classe.

Aération

L’aération des locaux est fréquente (toutes les trois heures). Elle dure au moins 10 à 15 minutes et est assurée au moins trois fois par jour (avant l’arrivée des élèves, durant les récréations et la pause méridienne ainsi que le soir pendant le nettoyage des locaux).

Ces recommandations vont dans le sens de l’évolution des connaissances sur la propagation du virus. Si l’inquiétude portait beaucoup sur une transmission par contact physique en début d’épidémie, la transmission par aérosol est maintenant de plus en plus mise en avant. Cependant, dans de nombreux établissements, cette préconisation s’oppose à l’interdiction d’ouvrir grand les fenêtres aux étages à cause de risques de défenestration ! Le simple entrebaillement des fenêtres (quand cela fonctionne) couplé à la fermeture des volets quand le soleil tape dans la classe empêche clairement le renouvellement suffisant de l’air pour 25 ou 35 personnes. Le rectorat conseille de laisser les portes des classes ouvertes, ce qui ne résout pas grand chose si aucune aération n’est faite des couloirs.

Déplacements

La limitation du brassage entre groupes d’élèves (classes, groupes de classes ou niveaux) n’est pas obligatoire. Toutefois, les écoles et établissements scolaires organisent le déroulement de la journée et des activités scolaires pour limiter, dans la mesure du possible, les regroupements et les croisements importants entre groupes. Les arrivées et départs sont particulièrement étudiés pour limiter au maximum les regroupements d’élèves et/ou de parents. Les personnels ainsi que les collégiens et les lycéens portent un masque durant tous leurs déplacements. De même, la limitation du brassage dans les transports scolaires n’est pas obligatoire. Toutefois, les collégiens et les lycéens doivent porter un masque si la distanciation entre élèves n’est pas respectée.

Si ces dispositions sont faciles à écrire, il y aura de grosses difficultés dans l’application. Jusque-là, les élèves restaient en général toute la journée dans la même salle. Sur le long terme, cela devient difficile à tenir pour certaines disciplines (musique, arts plastiques, techno, physiques, SVT, groupes de langues …). De même, l’utilisation d’horaires décalés pour éviter les croisements pose des difficultés d’organisation pour les emplois du temps des enseignants : on ne peut pas être à deux endroits à la fois !

Le rectorat parle d’isoler plusieurs groupes au sein des établissements (comme garder les CPGE dans une même partie de bâtiment, comme exemple donné), mais en dehors de quelques cas particuliers, la réalité de l’aménagement des locaux rend ces vœux ministériels utopiques.


Nettoyage

Un nettoyage des sols et des grandes surfaces (tables, bureaux) est réalisé au minimum une fois par jour.

Un nettoyage désinfectant des surfaces les plus fréquemment touchées par les élèves et personnels dans les salles, ateliers et autres espaces communs (comme les poignées de portes) est également réalisé au minimum une fois par jour.

Les tables du réfectoire sont nettoyées et désinfectées après chaque service.

L’accès aux jeux, aux bancs et espaces collectifs extérieurs est autorisé. La mise à disposition d’objets partagés au sein d’une même classe ou d’un même groupe constitué (ballons, jouets, livres, jeux, journaux, dépliants réutilisables, crayons, etc.) est permise.

Si l’on se dirige vers des élèves qui changent de salle à chaque heure ou presque, il semble nécessaire de nettoyer les surfaces de contact à chaque heure. Par les élèves ? Par les enseignants ?

Plans de continuité pédagogiques

Ils sont disponibles sur ce lien.

Tous les élèves reviennent le 1er septembre. Leur absence ne peut plus être liée à la volonté des parents.

En cas de circulation faible, c’est l’organisation pédagogique habituelle qui est appliquée. Les choses seront adaptées si un établissement se trouve dans une zone de circulation active ou très active du virus.

Une circulation active du virus amènera au moins une journée en présentiel (obligatoire). Une circulation très active du virus amènera une fermeture totale de l'établissement et donc un enseignement entièrement à distance.

Quelques principes sont donnés : tout élève doit être appelé ou contacté une fois par semaine, on doit partager des contenus pédagogiques de manière coordonnée dans les établissements, on fournit une aide aux parents pour le suivi du travail des élèves. Tout ceci appelle de la part des cadres bienveillance et encouragement des initiatives locales.

Des fiches pratiques sont fournies (voir ici).

Dans l’académie, une lettre des inspecteurs a été envoyée aux enseignants, donnant quelques précisions.

Quelques remarques :

  • Si la volonté affichée est de ne pas imposer un cadre préétabli, difficilement applicable partout, et donc de laisser la main au terrain dans l’organisation, on sent que la confiance dans les acteurs est faible. Le ministre tient visiblement à surveiller ce qui se passe. Les inspecteurs, les rectorats et les DSDEN doivent “coordonner” ou “donner de la cohérence”. Difficile pour le ministre donc de faire confiance aux chefs d’établissement et aux équipes, qui pourtant ont géré les choses en mars et en avril, en mai et en juin.

  • L’accent est mis sur le fait qu’il faut offrir aux familles plus de cohérence dans l'accès aux cours et dans la répartition de la charge de travail. Ce n’est sans doute pas une mauvaise idée.

  • Un pool d'équipements informatiques sera constitué dans chaque académie, pour prêter aux enseignants et élèves en cas de besoin. Il y a peu d'informations, en particulier sur le nombre d'ordinateurs à prévoir. Une difficulté apparaît cependant : les applications installées seront toutes les mêmes sur chacun des ordinateurs, avec sans doute impossibilité d'en installer de nouvelles. Cela réduira certainement l'éventail des outils pédagogiques à ce qui est promu par le ministère. La mesure est prévue dans l’académie, mais sans beaucoup de précisions.

Circulaire de rentrée, publiée le 10 juillet

A voir ici. Elle est accompagnée par plusieurs outils de positionnement proposés par le ministère (ici).

Même si elle est plus courte que certaines années, nous n'allons pas tout résumer. Une petite analyse en a été faite par le SGEN-CFDT sur ce lien.

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